Joseph Plaskett Award/prix de Joseph Plaskett
La Fondation Joseph Plaskett avec l'Academie Royale des Arts du Canada
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Historique de la Fondation

Megan Hepburn
Megan Hepburn reçoit son prix à Québec, Mai 2010 (photo Guy Lavigueur, RCA)
L’artiste d’origine canadienne Joseph Plaskett (1918-2014) a créé la Fondation Joseph Plaskett en 2004 pour appuyer un étudiant canadien mature dans son désir de voyager et de parfaire son art en Europe durant une année.

Proposé par Lawren Harris, Joseph Plaskett reçoit la première bourse Emily Carr en 1946. Ce prix a bouleversé sa vie en lui permettant d’étudier d’abord à la California School of Fine Art de San Francisco, puis avec Hans Hofmann à New York et à Provincetown. À l’issue de cette année, sous la double recommandation de Lawren Harris et d’A. Y. Jackson, il accepte le poste de directeur de la Winnipeg School of Art où il enseigne pendant deux ans, jusqu’à ce que l’attrait de l’Europe ne devienne irrésistible. En 1949, après avoir séjourné à Londres, il trouve à Paris l’environnement idéal où se développer comme artiste. Après être retourné à deux reprises au Canada pour enseigner, c’est à partir de 1957 qu’il s’établira à Paris pour le demi-siècle à venir. Entre 2001 et son décès en 2014, il a vécu dans le Suffolk en Angleterre.

Bien qu’il ait habité à l’étranger durant presque soixante-dix ans, Joseph Plaskett est résolument Canadien. Il est revenu au Canada pratiquement chaque année et il a exposé à travers tout le pays. Par son hospitalité légendaire et le soutien qu’il a apporté aux artistes canadiens travaillant en Europe, il a joué un rôle d’ambassadeur non officiel à Paris. En juin 2011, Capilano University de North Vancouver lui a décerné un doctorat honorifique.

Lors de la création de la Fondation en 2004, M. Plaskett a déclaré : « J’ai créé ce prix pour reproduire ce qu’Emily Carr a fait pour moi en 1946. J’aimerais que de jeunes artistes canadiens puissent profiter du privilège dont j’ai bénéficié il y a plus d’un demi-siècle. L’Europe, et surtout la France, m’ont enrichi de connaissances et d’expériences. Même si beaucoup de choses ont changé depuis que j’ai voyagé et étudié à l’étranger, l’enseignement de l’Europe et de son histoire attendent toujours ceux qui désirent les découvrir. »

Joseph Plaskett est né à New Westminster en Colombie-Britannique. Ses œuvres se trouvent dans les collections des galeries publiques canadiennes, de l’Île-du-Prince-Édouard à l’Île de Vancouver, entre autres celles du Musée national des beaux-arts du Canada, de la Beaverbrook Art Gallery, de la Winnipeg Art Gallery, de la Vancouver Art Gallery et de l’Art Gallery of Greater Victoria. En 2001, il a été nommé Officier de l’Ordre du Canada pour son excellence dans le domaine des arts visuels. Son autobiographie, A Speaking Likeness, a été publiée en 1999 aux éditions Ronsdale Press. La Plaskett Gallery du Massey Theatre à New Westminster a été baptisée en son honneur.

En 2009, l’Académie royale des arts du Canada s’est associée avec la Fondation Joseph Plaskett pour soutenir et administrer le processus d’attribution du prix niveau national et pour continuer de promouvoir sa réputation.

Le conseil d’administration de la Fondation a peu changé depuis ses débuts. Depuis 2014, il comprend John Vogel de Toronto; Landon Mackenzie de Vancouver; Stephen Jarislowsky, Pierre Lapointe et Marie Sénécal-Tremblay de Montréal; Timothy Urquhart de Zurich. Depuis 2016, se sont ajoutés Nancy Rowat et Andrew Clark de Montréal. Nous tenons à remercier Pierre Lapointe, qui quitte ses fonctions, pour son travail.

En 2016, le conseil d’administration de la Fondation est composé de : John Vogel (président), Landon Mackenzie (vice-présidente et coordonnatrice du prix), Andrew Clark (trésorier), Nancy Rowat (secrétaire), Stephen Jarislowsky, Marie Senecal Tremblay et Timothy Urquhart. Nous remercions tous les membres du conseil d’administration pour le temps qu’ils consacrent bénévolement, l’expertise et l’influence qu’ils partagent, ainsi que l’importance qu’ils accordent à maintenir cet important prix canadien au plus haut niveau.



Un message de Joe Plaskett

Joseph Plaskett
« Qu’est-ce qui m’a conduit à donner une grande partie de ma fortune et à vivre avec bonheur un appauvrissement relatif ? Les raisons sont multiples.

C’est à cause de l’amour, l’amour de plusieurs choses et personnes. D’abord, il y a l’amour de mon pays, le Canada, qui grandit de plus en plus tandis que je poursuis ma vie expatrié.

Deuxièmement, il y a mon amour de l’art, en particulier de la peinture, qui s’amplifie et devient plus passionné en vieillissant.

Troisièmement, il y a mon amour des jeunes, des jeunes artistes de mon pays qui peuvent poursuivre les rêves et les idéaux après mon départ.

Un quatrième amour est celui de l’Europe, un continent qui est une réserve immense de grand art. Tous les jeunes artistes devraient pouvoir profiter de ces richesses et en tirer des enseignements.

L’art que je fais et que d’autres font renforce le miracle de la vie. Presque chaque jour, je vis dans un état d’exaltation. Pour moi, l’art de la peinture est sacré. Il est au centre de tous les autres arts visuels. Cet art se renouvelle constamment.

Les cinq premiers gagnants de mon prix illustrent ce renouveau, apportant de nouvelles idées et sensations au monde. En voyant leur travail, ma première réaction a été “j’aimerais peindre comme ça”. Mais aucun artiste doté d’un talent original ne peint comme un autre.

Durant ma longue carrière, j’ai été récipiendaire de nombreux prix : le prix Emily Carr, le prix Blocked Funds et le prix Senior Art Council. Ces prix ont bouleversé mon développement. Ils ont tous été décernés par mon pays. J’en suis reconnaissant.

J’ai fixé certaines exigences que le lauréat doit respecter. Il ou elle doit passer un an à l’étranger et avoir une pratique de la peinture. Au milieu des années 80, quand j’ai commencé à planifier la Fondation, je pressentais que la peinture et le dessin seraient confrontés à un avenir incertain. Il semblait alors que les nouvelles formes d’expression visuelle captaient toute l’attention. Je voulais corriger le tir. Je n’ai plus cette impression. L’art de la peinture est entré dans un nouvel âge d’or. Il n’est plus en danger d’obsolescence.

Hormis ces deux restrictions, le lauréat est libre de suivre sa propre voie. Il ou elle peut faire de l’abstraction ou de la figuration. Tout bon art figuratif doit être abstrait, tout comme l’art abstrait découle de ce que nous appelons la nature. Ce qui est en vogue aujourd’hui, l’art conceptuel, a toujours été présent. Tous les tableaux débutent par un concept, une autre dénomination pour l’image ou l’imagination. L’erreur est d’isoler le concept, comme si l’idée n’avait pas besoin qu’on lui donne une forme permanente. Mais tout ce qui se passe en art fait partie d’un processus d’exploration et de découverte. J’espère vivre encore quelques années pour apercevoir ce qui s’annonce. »

Joseph Plaskett
3 avril 2008




Julie Trudel — Lors de la réception du prix Plaskett
« Chers membres de l’Académie royale des arts du Canada,

Je suis particulièrement heureuse de recevoir ce prix de la Fondation Joseph Plaskett en peinture. D’abord parce qu’il s’agit d’un prix de peinture. Je suis convaincue que la peinture, et spécialement la peinture abstraite, demeure un médium artistique très pertinent pour examiner certains aspects du monde dans lequel nous vivons. Sa pratique exige une longue patience, de l’attention et une volonté de rester à l’écart des clichés, ce qui tranche avec le monde d’aujourd’hui.

Comme spectateur, lorsque l’on aborde un tableau, on vit une expérience particulière : on regarde à la fois une image et un objet qui a été fabriqué à la main par un autre être humain ayant quelque chose à nous communiquer. C’est une expérience particulière qui demande de se déplacer, de s’engager physiquement et mentalement, d’être disponible. C’est une des choses que je préfère, me trouver devant un tableau.

Le prix Plaskett va me permettre de passer toute une année à Berlin à faire ces choses que j’adore : entrer tous les jours à l’atelier pour peindre, découvrir les œuvres d’autres peintres, échanger avec des artistes qui sont engagés dans un travail sérieux. C’est un cadeau merveilleux.

C’est pourquoi je tiens à remercier chaleureusement La Fondation Plaskett et l’Académie royale des arts du Canada, en particulier le jury composé d’artistes chevronnés qui se sont réunis pour étudier les candidatures : Ben Reeves, Renée Van Halm et Robert Youds. Je suis la dixième étudiante ou finissante de maîtrise à recevoir ce prix et je suis très flattée de joindre une longue liste de peintres sérieux et engagés. Je remercie également chaleureusement Landon Mackenzie qui coordonne la remise du prix avec une grande générosité, tant par le temps qu’elle y consacre que par son empressement à me prodiguer ses conseils.

Enfin, je tiens à mentionner à quel point la maîtrise que j’ai complétée à l’Université du Québec à Montréal a constitué une expérience extrêmement riche. La qualité de l’enseignement, la rigueur théorique et l’esprit d’entraide et de partage au sein du groupe d’étudiants ont fait progresser ma jeune pratique de peintre de manière inespérée.

Merci de votre attention, passez une très belle soirée. »

Julie Trudel, lauréate 2013
Juin 2013, Victoria, C-B




“Le Prix Plaskett est transformationnel” –Nam Nguyen

« John Vogel (membre du conseil d'administration de la Fondation Plaskett) m’a demandé une fois si le prix a eu l’effet transformationnel que Joe avait espéré.

Je dois dire… je suis déjà une personne différente, un artiste différent, plus confiant de mon point de vue après avoir été exposé à tant de choses… jusqu’au point d’être surstimulé. Et ce n’est même pas terminé ! Mon travail a changé et je pense que c’est dû non seulement au fait d’avoir vu autant d’art, mais aussi d’avoir eu du temps pour réfléchir et faire des choses sans avoir la pression de la “vraie vie”. Donc oui ! Je pense que la formule du prix a eu un effet de transformation intense !

Il me semble que le prix pourrait être plus précisément décrit comme une résidence de recherche indépendante post-diplôme, semblable à une recherche postuniversitaire ou postdoctorale dans une autre discipline. Lors de mon séjour ici, j’ai visité quinze villes et probablement plus de 40 musées et institutions. J’ai fait des percées en dessin, en photographie et en vidéo, qui vont nourrir ma pratique de la peinture pour de nombreuses années. Et par-dessus tout, à Berlin j’ai trouvé une sorte de chez moi artistique Européen. Bref, ma recherche a été remplie de découvertes et de surprises à force d’avoir été exposé à des œuvres différentes qui m’ont amené de nouveaux points de vue, en plus de m’aider à me découvrir en tant qu’artiste. Je pense que l’adjectif qui décrit le mieux l’effet de ce prix est “transformationnel”. »

Nam Nguyen, lauréat 2008
Mai 2010, Berlin





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